Entête-Article Harold Lanson UTMB 2016

Harold Lanson, participant de l’UTMB 2016 : le sport allié de la nature

Une course en montagne de 119 km, cela vous tente ? On pourrait penser à une blague et pourtant… Harold Lanson, botaniste dans la Drôme et sportif passionné a couru l’ultra-trail TDS, l’une des 5 courses mythiques de l’Ultra-Trail Mont Blanc (UTMB). Nous revenons avec lui sur cette expérience extrême pour laquelle des sportifs du monde entier s’entraînent.

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Une course extrême… aux paysages inoubliables.

1. Harold, pouvez-vous nous rappeler en quoi consistait votre course ?
Quelles sont ses spécificités ?

J’ai participé à l’ultra-trail TDS (Sur les Traces des Ducs de Savoie), l’une des 5 courses de l’Ultra-Trail Mont Blanc. La TDS est un ultra-trail de montagne. On parle d’ultra-trail et non plus de trail à partir de 80 km de distance et la TDS en faisait 119. Le départ a eu lieu à Courmayeur en Italie. Durant cette semaine sportive, du 22 au 28 août 2016, plus de 7 500 coureurs ont traversé les trois pays autour du Mont-Blanc : France, Suisse et Italie.

Cette course fait partie des plus dures au monde. La TDS a énormément de dénivelé sur une distance qui n’est finalement pas si longue… Pour y participer, il faut avoir récupéré 9 points sur d’autres trails ou ultra-trails sur les 2 dernières années (plus la course est difficile plus on récupère de points). Enfin, une fois que l’on a 9 points, il faut avoir la chance d’être tiré au sort car il n’y a pas de place pour tout le monde.

2. Combien d’heures par jour vous entraînez-vous ?
Depuis combien de temps ?

Je m’entraîne depuis 5 ans pour cette course, de 50 mn à 7 heures par jour. Et ce, quel que soit le temps et la température extérieure… Mais le plaisir domine ! Il ne faut jamais se forcer, cette activité doit rester un hobby. J’aime courir, c’est facile et on découvre vite de très jolis endroits sans beaucoup de matériel.

3. Quel a été votre résultat lors de la TDS Mont Blanc ?

Le départ a eu lieu le 24 août à 6 heures du matin. J’ai couru 119 km en 26h50, sur 7250 m de dénivelé en tout.

4. Qu’éprouvez-vous pendant l’épreuve ?
Comment faire pour tenir mentalement durant un effort si long ?

Il y a 10 ravitaillements sur toute la course. Avec des coureurs du monde entier, ces points de ravitaillement proposent de la nourriture adaptée à tous : végétarienne, végétalienne, etc. On mange et l’on boit souvent en courant, il faut se forcer. De toute façon pour pouvoir partir il faut avoir obligatoirement dans son sac : 1000 calories, 2 litres d’eau, un sifflet, une lampe frontale et une couverture de survie. Il est tout à fait possible pendant la course de s’arrêter quelques minutes, de discuter ou encore de consulter une équipe médicale.

Physiquement c’est très difficile, j’ai même dû faire une micro-sieste. Si la préparation physique est importante, le mental joue à 50% ! Il faut un esprit indépendant, vouloir faire les choses seul et je crois que c’est l’un de mes atouts : j’adore partir courir seul pendant des heures.

Forcément, sur toutes ces heures de course, beaucoup de pensées nous assaillent. Au bout d’un moment, toutes les douleurs physiques passent et le psychisme prend dessus. Et oui, on se pose des questions, on se remet en question… Cela s’apparente vraiment à un état de méditation. À partir de 60-70 km, je trouve que l’état physique et psychique change : on vit vraiment autre chose qu’une simple épreuve sportive. Quelqu’un qui pratique la sophrologie, le yoga ou encore la méditation y gagnera forcément pour cette course.

Mais une fois que l’arrivée est franchie, tout se débranche !

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Une rapide pause… Et la course reprend !

5. Justement, que se passe-t-il « après »,
Une fois que l’on a atteint son objectif ?

Déjà, je suis arrivé au bout de la course, ce qui est important car il y a eu beaucoup d’abandons. J’étais euphorique, si heureux et fier de ce que j’avais accompli ! Ceux qui terminent la course reçoivent une veste avec « Finisher » écrit dessus, c’est tout un symbole. L’édition 2016 a été particulièrement difficile, nous avons souffert de la chaleur, courant parfois sous 32 °C sans ombre…

Et puis, à l’arrivée, il y a un speaker, les familles des participants, c’est tellement d’émotions ! Il y a eu 1600 coureurs sur cette course, chacun ayant le droit à 3 accompagnants avec lui… Imaginez tout ce monde qui vous acclame à l’arrivée !

Quand je suis finalement rentré au chalet que j’avais loué avec mes proches, j’ai dormi pendant 3 heures. Une fois mes muscles refroidis, j’ai été vraiment handicapé pendant 2-3 jours. C’est pour cela qu’il est indispensable de se faire aider par des spécialistes (kinésithérapeute, ostéopathe…) avant, pendant et après la course. Contrairement à ce que l’on peut penser, le repos total ne permet pas de récupérer. Il faut éliminer les toxines ! Le mieux est de faire 30 minutes de vélo par jour, pas plus. Mais doucement, car les réserves de l’organisme sont alors vides pour au moins 1 mois.

6. Un dernier conseil à donner aux sportifs
qui s’entraînent pour une épreuve ?

L’alimentation et l’aromathérapie sont présentes au quotidien pour m’aider. Et cette rigueur donne ses résultats. Je fais mes préparations à base d’huile végétale d’arnica à laquelle j’ajoute des huiles essentielles : gaulthérie, lemongrass… Et je me masse plusieurs fois par jour avec cette huile récupération.

Côté alimentation, je mange beaucoup de céréales complètes ou semi-complètes. Il ne faut pas que l’organisme utilise trop d’énergie à digérer, je ne consomme donc ni viande rouge, ni laitages (en particulier le lait de vache), ni même les légumes trop fibreux. Je privilégie le miel, les fruits et les légumes cuits plutôt que crus.

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